Le bonheur à tout âge
Il y a une vingtaine d’années, j’ai fait la connaissance d’un monsieur charmant et attentionné, grâce à sa soeur à qui je proposais quelques services. Veveysan d’origine, il s’était éclipsé aux alentours de la vingtaine, pour demeurer finalement en Suisse allemande. En sa qualité de bilingue, il se lance alors comme traducteur. Discret, effacé, il n’éprouve pas le besoin de parler de lui, à moins d’y être forcé. Mais à quoi bon, c’est son jardin secret. Ces dernières années, sachant à quel point il est resté attaché à la Riviera vaudoise et au lac, je l’invite à manger, ce à quoi il a pris goût très volontiers. Difficile pour lui de détacher son regard de l’immensité bleue, au bout du jardin, à quelques mètres en contrebas. En outre, il a toujours apprécié notre compagnie, admiratif de notre façon de vivre, de nos voyages, de la passion artistique de Pascal et de mon penchant pour l’écriture. Au fil du temps, même s’il ne s’est pas livré, j’ai cru comprendre qu’il aurait aimé vivre comme nous mais aussi, qu’il n’avait pas eu une vie très heureuse.
Muni d’un abonnement général des transports publics, il a mis quelque temps les bouchées doubles après la disparition de sa femme. Comme s’il avait voulu rattraper le temps perdu, sachant que le restant défile, comme on le sait, beaucoup plus vite en vieillissant. C’est toujours un bonheur de le retrouver, lui et son sourire qui ne trompe pas. Cependant, au fil des ans, ses déplacements se compliquent, bien qu’aidé d’un déambulateur (sa « poussette »). Monter nos escaliers dans le jardin s’avère toujours plus pénible. Pascal le prend en charge maintenant. Pour le ramener à la gare, il l’a même installé plus d’une fois dans la Reliant, véhicule à trois roues datant de cinquante ans. Là, ce n’est plus d’un sourire mais d’une … banane qu’il nous a gratifiés alors que l’accès à cet engin très bas n’est pas aisé. Et depuis peu, sa vie a changé. Sa solitude s’est égayée après la rencontre avec Isabelle. Cette charmante dame circule comme lui par monts et par vaux. Certes, elle n’habite pas tout près mais ils s’arrangent pour voyager ensemble le plus souvent possible, partout où la nature les appelle. A l’entendre, c’est « extraordinaire », même si, pour lui, les déplacements sont difficiles et qu’elle est malvoyante. Ainsi, ils se complètent fort bien, s’entraident et, cerise sur le gâteau, portent le même nom de famille !
Muni d’un abonnement général des transports publics, il a mis quelque temps les bouchées doubles après la disparition de sa femme. Comme s’il avait voulu rattraper le temps perdu, sachant que le restant défile, comme on le sait, beaucoup plus vite en vieillissant. C’est toujours un bonheur de le retrouver, lui et son sourire qui ne trompe pas. Cependant, au fil des ans, ses déplacements se compliquent, bien qu’aidé d’un déambulateur (sa « poussette »). Monter nos escaliers dans le jardin s’avère toujours plus pénible. Pascal le prend en charge maintenant. Pour le ramener à la gare, il l’a même installé plus d’une fois dans la Reliant, véhicule à trois roues datant de cinquante ans. Là, ce n’est plus d’un sourire mais d’une … banane qu’il nous a gratifiés alors que l’accès à cet engin très bas n’est pas aisé. Et depuis peu, sa vie a changé. Sa solitude s’est égayée après la rencontre avec Isabelle. Cette charmante dame circule comme lui par monts et par vaux. Certes, elle n’habite pas tout près mais ils s’arrangent pour voyager ensemble le plus souvent possible, partout où la nature les appelle. A l’entendre, c’est « extraordinaire », même si, pour lui, les déplacements sont difficiles et qu’elle est malvoyante. Ainsi, ils se complètent fort bien, s’entraident et, cerise sur le gâteau, portent le même nom de famille !Lui et moi, nous avons pris l’habitude de communiquer par mail pour nous tenir au courant de nos bonheurs au quotidien. Au téléphone, j’entends son sourire, et sur mon ordinateur, je le lis. A l’approche de la nonantaine, que rêver de mieux. Avec Isabelle, le sourire ne le quitte plus désormais. C’est aussi cela le Bonheur ?
Betty, août 2026.