D'une façon ou d'une autre
Selon le vécu, les lieux, l’occasion, l’émotion se manifeste. Ou pas. Inutile de la chercher ou de la provoquer, elle est tout sauf dépendante de notre volonté. Son apparence peut se manifester sous forme de rougeurs, de blancheur, de frissons ou de larmes. Les femmes, plus sensibles, plus émotives, plus démonstratives, peinent à la nier. Par contre, n’a-t-on pas inculqué aux petits garçons qu’ils ne doivent pas pleurer ? De là, il n’y a qu’un pas pour refouler la ou les émotions. Bizarrerie de l’éducation. J’espère qu’un changement s’opère de nos jours, au vu de tout ce qu’on entend, tout ce qu’on lit ou encore à l’accès aisé aux thérapies.
En ce jour d’adieu à mon oncle, mon émotion s’est manifestée à trois reprises.
La première fois, en revenant dans l’établissement qui fut autrefois sa boulangerie-pâtisserie, métamorphosée aujourd’hui en petit restaurant.
Puis, à la lecture d’une rétrospective succincte de mes souvenirs.
Et enfin, derrière le portail fermé, affublé d’une grosse chaîne, empêchant ainsi l’accès à la maison, ne serait-ce qu’une dernière fois.
C’est à ce moment-là que j’ai vraiment réalisé que je ne le reverrai plus et que mes souvenirs d’enfance, liés à ces lieux, n’en retrouveraient pas d’autres.
La photo immortalisera cette maison renfermant les détails de ma tendre enfance, de même que la vieille tour mystérieuse. Et dans le jardin, le tilleul, probablement centenaire, continuera à protéger les nouveaux propriétaires des rayons brûlants du soleil.
Une dernière larme s’échappe de mes yeux à l’idée que les chats, cachés, apeurés sans doute et malheureux sûrement, ne reverront plus leur maître. Je leur souhaite de retrouver de l’affection.
12 juillet 2025