Des cadeaux au quotidien
Quel plaisir, depuis tant d’années, de vivre dans notre petite maison, confortablement ancrée face au lac. Ses murs épais nous offrent un peu de fraîcheur en cet été caniculaire. Sauf la nuit, sous le toit, à moins de faire des courants d’air. Quant au jardin au naturel, je l’apprécie tel qu’il est, plutôt sauvage, agrémenté des vieux pins et cyprès nous offrant l’ombre. En temps normal, les abeilles se régalent du pollen des fleurs de trèfles, parsemées dans le simili-gazon, ce qui m’oblige à marcher maintenant avec des chaussures, expérience faite. Chaque jour, le va et vient des bateaux me fascine, méli mélo de voiliers, de motorisés et de magnifiques centenaires de la CGN.
Avec les oiseaux, s’époumonant sur les vieux arbres, je vis des moments exceptionnels. Si le merle se fait plus discret maintenant, c’est qu’il s’est égosillé durant six mois. Merci à lui pour ce chant délicieux. La fauvette à tête noire, invisible, continue à m’envoûter tout au long de la journée, mais moins en cette période caniculaire. Les milans poussent leur cri très caractéristique, tout en sillonnant le ciel, à l’affût de quelque souris ou mulot. Les mouettes, dans leur habit blanc immaculé, avec une petite touche de gris clair aux extrémités inférieures de leurs ailes, sortent de leur sieste, décollant des toits voisins à la vue de la barque du pêcheur. Et là, outre le ballet aérien, ce sont des cris plaintifs rappelant parfois le miaulement du chat, ou des rires, ou encore les bords de mer. Nos deux fidèles corneilles, elles, vêtues de noir, s’installent sur le cyprès, attendant patiemment chaque jour notre bon vouloir, sans agressivité. Croûtes de fromage, gras de viande ou pain sec, elles ne sont pas exigeantes. Les moineaux, quant à eux, se font rares cette année. Ils ont renoncé à faire les beaux lorsque nous sommes à table. En revanche, ils se régalent des figues et des prunes, sans se soucier des restes tombés à terre. Bonnie, notre chatte à poils longs, trouvant la chaleur étouffante, se réfugie sous les grandes feuilles d’hosta. Qui aurait l’idée de la chercher là ? Elle n’a même plus le courage, heureusement, de guetter les lézards, plus rapides qu’elle. Et puis, ll y a la famille poissons, qui n’a pas l’air de se plaindre de la température de l’eau. Glissant nonchalamment, ils nous apaisent et se manifestent seulement aux heures des repas. Gros et petits, blancs, noirs ou oranges, sont heureux … Comme moi 😊
Betty Morel, juillet 2026